Le marché en données
Sonatel a pesé 61 % du marché actions en une séance, et le contrôle de volume n'a rien vu
Mounkaïla Hamani·3 octobre 2026·3 min de lecture
Le 28 septembre 2026, 2,71 milliards de FCFA de titres Sonatel (SNTS) ont changé de mains à la BRVM. Ce jour-là, les 48 valeurs de la cote ont échangé ensemble 4,47 milliards de FCFA. Sonatel, à elle seule, a donc fait 60,7 % de la valeur totale du marché actions. Quatre séances plus tard, le 2 octobre, le même calcul donne 46,5 %. Entre les deux, la part de Sonatel retombe autour du quart du marché. À aucun moment de la semaine, pourtant, le contrôle de volume de Bantan Capital n'a signalé quoi que ce soit sur Sonatel.
Une part de marché de 61 %, retombée à 26 %, remontée à 46 % en cinq séances
Le détail, séance par séance. Le 28 septembre, 63 736 titres échangés pour 2,71 milliards de FCFA, cours de clôture à 43 000 FCFA contre 42 500 la veille, 1,18 % de hausse. Le 29, 19 815 titres et 851,9 millions de FCFA, part de marché à 26,2 %. Le 30, 22 678 titres pour 995,2 millions, 27,4 % du marché, cours en hausse de 42 995 à 45 000 FCFA, 4,66 % en une séance. Le 1er octobre, 18 702 titres, 841,3 millions de FCFA, 27,6 % du marché, cours inchangé à 45 000 FCFA. Le 2 octobre, 36 615 titres, 1,65 milliard de FCFA, 46,5 % du marché, cours toujours à 45 000 FCFA.
Sur l'ensemble des cinq séances, le marché a échangé 17,94 milliards de FCFA, dont 7,05 milliards sur la seule Sonatel : 39,3 % du total de la semaine, sur 48 valeurs cotées.

Une alerte qui compare chaque valeur à elle-même
Chaque soir, nous regardons si une valeur a beaucoup plus traité que d'habitude. L'habitude, c'est la médiane de ce que la valeur a échangé sur ses vingt dernières séances, celle du jour comprise. Si le jour dépasse quatre fois cette médiane, l'alerte part. Sonatel n'est jamais comparée aux autres sociétés, seulement à elle-même.
Or Sonatel traite déjà beaucoup en temps normal. Le 28 septembre, sa médiane était de 715,6 millions de FCFA : les 2,71 milliards du jour faisaient 3,79 fois la médiane, juste sous le seuil. Le 2 octobre, les grosses séances précédentes avaient fait monter la médiane à 853,8 millions, et 1,65 milliard ne pesait plus que 1,93 fois. Pas d'alerte, ni l'un ni l'autre jour.
Pendant ce temps, l'alerte s'est déclenchée ailleurs. Le 1er octobre sur BOA Bénin (BOAB) : 227,5 millions de FCFA échangés, 5,5 fois sa médiane. Le 2 octobre sur la Loterie Nationale du Burkina (LNBB) : 112,5 millions, 8 fois sa médiane. Sonatel a échangé ces jours-là près de quatre fois plus que BOAB, et près de quinze fois plus que LNBB. Ce n'est pas un défaut de la règle, c'est ce qu'elle mesure : l'écart d'une valeur à ses propres habitudes, pas son poids dans le marché.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Pourquoi, d'abord. Aucune annonce des bulletins du 20 septembre au 2 octobre ne cite Sonatel.
Il y a bien un fait voisin. Le 1er octobre, la BRVM a publié l'avis 289-2026, la nouvelle composition trimestrielle de l'indice BRVM 30. C'est un recalcul de routine, qui revient chaque trimestre et ne cite aucune société en particulier. Il tombe la veille de la séance du 2 octobre, où Sonatel remonte à 46,5 % du marché, et un changement d'indice peut déclencher des ordres chez les gérants qui le répliquent. Mais l'avis ne nomme pas Sonatel, et nous n'avons rien qui relie l'un à l'autre. Deux dates proches ne font pas une cause.
Comment, ensuite. Le 1er et le 2 octobre, le cours a clôturé à 45 000 FCFA les deux jours, pendant que les échanges passaient de 841,3 millions à 1,65 milliard. Le volume double, le cours ne bouge pas d'un franc. Le bulletin ne sépare pas les blocs négociés des échanges ordinaires, et nous ne le devinerons pas à sa place.
Cet article est une analyse d'information générale, produite à partir de données publiques. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation, ni une sollicitation. Les marchés comportent des risques de perte en capital. Bantan Capital peut détenir ou non les valeurs mentionnées.